Un sommeil de qualité est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme et au bien-être général. Pourtant, près de 4 Français sur 10 déclarent souffrir de troubles du sommeil. Pour proposer un traitement adapté, il faut commencer par identifier le trouble en question. C’est là qu’intervient la polysomnographie, un examen complet utilisé pour poser un diagnostic précis. Cet article fait le point sur cet examen et son intérêt en 2025.
Polysomnographie : de quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’un examen très complet, permettant d’identifier différents types de troubles du sommeil, même les plus complexes.
Qu’est-ce que la polysomnographie ?
La polysomnographie est un examen médical de référence pour analyser le repos. Elle enregistre de nombreux paramètres physiologiques afin d’évaluer à la fois la quantité et la qualité du sommeil. Durant l’examen, des capteurs sont installés sur différentes parties du corps du patient. Il est également fréquent que l’examen inclue une captation vidéo du patient pendant la nuit. Grâce à ces dispositifs, les spécialistes peuvent analyser en détail les cycles de sommeil, les phases, leur durée et les éventuelles interruptions. L’examen permet aussi de détecter des anomalies comme les arrêts respiratoires ou les éveils nocturnes fréquents.
Quand recourir à une polysomnographie ?
Cet examen n’est généralement prescrit qu’après d’autres examens moins complexes. En première intention, le médecin privilégie souvent une polygraphie ventilatoire, qui enregistre les données liées à la respiration. Cet examen suffit à diagnostiquer certains troubles simples ou passagers. En revanche, si les symptômes persistent ou si les résultats sont insuffisants, une polysomnographie est alors envisagée. Elle permet de diagnostiquer des troubles complexes comme le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), la narcolepsie, certaines hypersomnies, le syndrome des jambes sans repos, les mouvements périodiques des membres, les parasomnies ou encore les troubles du rythme circadien.
Polysomnographie : à domicile ou au laboratoire ?
Cet examen peut être réalisé à domicile ou dans un centre spécialisé. Le choix dépend des contraintes du patient et de la complexité des troubles suspectés.
À domicile : une solution d’appoint
L’examen peut être réalisé à domicile si le patient a des difficultés à se déplacer ou si l’environnement familier facilite l’endormissement. Cependant, cette option présente plusieurs limites. Les appareils utilisés à domicile sont souvent moins sensibles que ceux en centre spécialisé. Il existe aussi un risque de mauvaise installation des capteurs, ce qui peut fausser les résultats.
En laboratoire : la solution la plus fiable
Effectuer cet examen en laboratoire reste la solution la plus recommandée. Le patient est alors surveillé en continu par des professionnels de santé. Les équipements sont plus complets et permettent de détecter un éventail plus large d’anomalies. Les données recueillies sont également plus précises, ce qui renforce la fiabilité du diagnostic.
Comment se déroule la polysomnographie ?
Elle est réalisée en laboratoire et suit un protocole bien défini, encadré par des professionnels comme ceux de Morphée 42.
Combien de temps dure l’examen ?
L’examen est prescrit par un médecin généraliste, un pneumologue, un ORL ou parfois un orthodontiste. Il dure généralement une nuit, entre huit et douze heures, selon le patient. L’arrivée au centre s’effectue en fin d’après-midi. Une équipe médicale informe alors le patient du déroulé de l’examen. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun, mais la consommation d’alcool et de café est déconseillée la veille. Si la polysomnographie vise à évaluer une hypersomnie, une hospitalisation de plusieurs jours peut être envisagée.
Le déroulé de l’examen
Dans une chambre spécialement aménagée, le patient est équipé de plusieurs capteurs (ou électrodes) placés sur le cuir chevelu, le visage, le torse, les bras et les jambes. Une vidéo continue est également enregistrée pour observer les comportements et mouvements nocturnes. Le patient est invité à s’endormir à son heure habituelle. Aucun médicament n’est prescrit pour favoriser le repos, même en cas d’insomnie. Au réveil, les capteurs sont retirés et le matériel désinfecté. Les données collectées sont ensuite analysées.
Les paramètres enregistrés
Grâce aux capteurs, l’examen mesure :
- L’activité cérébrale (électroencéphalogramme)
- L’activité cardiaque (électrocardiogramme)
- L’activité musculaire au menton, aux bras et aux jambes (électromyogramme)
- Les mouvements oculaires (électrooculogramme)
- La respiration nasale (capteur nasal)
- Les efforts respiratoires thoraciques et abdominaux (sangles)
- Les ronflements (capteur au niveau du cou)
- Le taux d’oxygène dans le sang (oxymètre au doigt)

Que se passe-t-il après l’examen ?
Une fois l’enregistrement terminé, les résultats sont transmis au médecin pour analyse.
L’analyse des résultats
Les données brutes sont interprétées par un spécialiste, comme le Docteur Jean-Guillaume WEBER. Il identifie les interruptions respiratoires, les micro-éveils, les anomalies de rythme ou encore les comportements inhabituels pendant la nuit. Un rapport détaillé est ensuite rédigé, incluant la répartition des phases de sommeil, leur durée, les interruptions et les anomalies détectées. Il mentionne également l’index d’apnées-hypopnées (IAH), un indicateur clé pour évaluer les troubles respiratoires du sommeil. Ce rapport est envoyé au médecin prescripteur.
Diagnostic de l’apnée du sommeil
La polysomnographie est particulièrement utile pour diagnostiquer l’apnée du sommeil. L’IAH correspond au nombre d’évènements respiratoires (apnées ou hypopnées) par heure de sommeil :
- Moins de 5 événements/heure : situation normale
- Entre 5 et 15 : apnée légère
- Entre 15 et 30 : apnée modérée
- Plus de 30 : apnée sévère
Adapter la prise en charge
Le médecin prescripteur présente les résultats au patient, lui explique le diagnostic et discute des solutions envisageables. Certaines anomalies peuvent être corrigées par de simples changements d’habitudes : amélioration de l’hygiène, changement de position pour dormir, etc. D’autres troubles nécessitent un traitement spécifique : dispositif de ventilation en pression positive continue (PPC), orthèse d’avancée mandibulaire ou, dans certains cas, traitement médicamenteux. Chaque prise en charge est adaptée au profil du patient et à la gravité des troubles observés.

